D’après Pieter I Bruegel dit le Vieux (Breda ?, 1525/1530 – Bruxelles, 1569)
Gravé par Pieter van der Heyden (Anvers, vers 1530 – 1575)
La Sorcière de Mallegem

Gravure au burin sur papier
32,8 x 46,3 cm

Inv. 2006.5.1

Acquisition 2006
Avec le concours du Fonds Régional d’Acquisition des Musées

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Exciser la folie !

Cette estampe a été gravée d’après le dessin perdu de Pieter Bruegel, par Pieter van der Heyden.

Dans le village de Mallegem, dont le nom signifie en flamand : "le village des fous" ou "des simples d’esprit", les habitants sont réunis sur la place du village pour assister et/ou participer à une étrange cérémonie : un charlatan s’attelle à retirer la cause de leur folie : une pierre qui se trouverait dans leur cerveau. Alors qu’il extirpe du crâne d’un villageois un caillou, l’un de ses assistants se penche avec une lanterne au dessus de la tête du "patient" pour vérifier si elle n’en contiendrait pas d’autres. Simplet, ce dernier n’a pas remarqué qu’à ses pieds traîne une boîte pleine de cailloux similaires à celui qu’on lui a sorti de la tête. Sous la table, un homme en saisit un pour tenter de dénoncer la supercherie, mais il ne pourra pas y parvenir car il a la bouche cadenassée. De sa manche sort une marotte, symbole de la folie.

Cette gravure illustre parfaitement les célèbres expressions flamandes : "Een kei in het hoofd hebben", ou "avoir une pierre dans la tête", qui s’employait communément pour désigner les personnes atteintes de folie et "Iemand van dei kei snijden", "exciser la pierre", qui signifiait délivrer quelqu’un de sa folie. Bruegel se moque ici des charlatans, courants à son époque, mais aussi de la bêtise et de la crédulité des hommes, prêts à croire n’importe quoi.

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