Éric de Ville (né à Ixelles en 1956)
Paradise
2011

Photographie contrecollée sur métal, 119 x 300 cm
Inv. 2013.1.1

© Éric de Ville

Les incontournables | Entre terre et ciel

Un Paradis peuplé d’oiseaux

À la manière d’une tapisserie flamande, le Paradis d’Éric de Ville prend l’aspect d’une forêt opaque, dense, pratiquement sans notion de ciel ni de sol. Ce tapis végétal est peuplé d’oiseaux, généralement représentés en couple. Les animaux se nichent dans cette verdure de manière à former des touches colorées qui font circuler le regard à travers l’œuvre. Quelques mammifères surgissent de temps à autres, comme ces singes. Des tortues, bien visibles au premier plan à droite apparaissent comme des intrus dans ce monde évoquant plus une volière qu’un véritable Paradis terrestre.

Le photographe Éric de Ville joue avec le monde numérique et toutes ses possibilités, grâce notamment à la retouche photographique. Il propose ici sa vision du Paradis terrestre sous la forme d’un écran de verdure qui oppresse plus qu’il ne libère le regard. Cet écran forme un contraste avec l’image de l’oiseau, qui, chez cet artiste, évoque la notion de liberté. On notera que la figure humaine est systématiquement absente des œuvres d’Éric de Ville comme c’est le cas encore ici.

Cette œuvre est l’occasion pour l’artiste de faire de constants allers-retours entre références artistiques majeures et allusions à ses souvenirs d’enfance : ainsi la maison que l’on aperçoit au loin est celle de ses grands parents et la forêt elle-même est une référence au jardin qui l’entourait. Mais cette maison bourgeoise fait aussi référence à Magritte : figurée à la tombée de la nuit, lorsque la lumière du soleil cède la place à celle des éclairages artificiels. Le thème des oiseaux est lui-même à mettre en lien avec celui des arbres aux oiseaux du XVIIe siècle comme ceux du peintre Jan van Kessel.

Éric de Ville construit ainsi une œuvre poétique, lumineuse et empreinte d’une douce mélancolie.

 

DnnSpot

   Réduire