L’Annonciateur du froid
 
Le Symbole du réconfort
 
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Jan Fabre (né à Anvers en 1958)
Les Messagers de la Mort décapités
1- L’Annonciateur du froid
2- Le Symbole du réconfort

2006
Matériaux mixtes (plumes, tissu)
33 x 50 x 57 cm et 34 x 58 x 74 cm

Inv. 2008.2.1 et 2008.4.1

Acquisition 2008
Avec le concours du Fonds Régional d’Acquisition des Musées
© ADAGP, Paris, 2012

Les chefs d'œuvre | Mesure et Démesure

Des messagers très étranges

Ces deux hiboux étranges au regard inquiétant et hypnotisant suscitent une fascination certaine. Cette sensation est liée aux symboles que l’Homme a conférés aux hiboux et aux chouettes. Ces animaux, dont le cycle est inversé, dormant le jour et s’activant la nuit, sont, en cela, déjà énigmatiques. Depuis l’Antiquité, la chouette incarne la sagesse. Dans l’art flamand, elle est souvent utilisée pour pointer le caractère ésotérique voire surnaturel de la scène qui se trame sous les yeux du spectateur.

Ces deux hiboux saisissants de réalisme s’inscrivent donc dans la tradition de l’art flamand. Cet attachement pour le réel si cher aux peintres anciens peut laisser le spectateur averti en suspens. Derrière cet esthétisme séduisant et soigné, l’artiste a voulu distiller un message précis. Le titre de ces deux œuvres emprunt d’une signification forte, Les Messagers de la Mort décapités, mérite d’être décodé. Pour le comprendre, il faut revenir à la création même de l’œuvre.

Jan Fabre a réalisé sept Messagers en 2006 pour le musée des Beaux-Arts d’Anvers qui lui avait donné carte blanche pour investir les galeries de peintures anciennes. Ces sept hiboux se découpaient sur une nappe blanche devant La Chute des Réprouvés de Frans Floris. Le titre devient alors compréhensible : ces hiboux sont inspirés de ces têtes monstrueuses mi-homme, mi-animal qui s’accrochent aux corps pour les plonger dans l’Enfer. La vision est apocalyptique. Jan Fabre est un artiste pour qui la mort omniprésente est un sursaut existentiel qui fait partie de la vie.

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