Anonyme flamand
Het Schiijtmanneke

XVIIIe siècle ?
Terre cuite polychrome
97 x 44 cm

Inv. 992.936.1

Les incontournables | Ostentation et Dérision

Une sculpture peu ordinaire…

Cet homme en train de déféquer fait partie d’une iconographie ancienne et courante dans l’art flamand. Dans plusieurs œuvres de Jérôme Bosch ( ?- 1516) de Pieter Bruegel (1525/1530 - 1569) ou encore de Pieter Balten (1520/1525 - avant 1598), des personnages féminins ou masculins sont saisis dans cette posture en train de se soulager. Rien de choquant : la réalité est reproduite telle qu’elle est. En 1559, Bruegel, dans Les Proverbes flamands, représente deux personnages, dont on ne voit que les fesses nues, surpris dans les latrines. En dessous d’eux, un noble personnage jette des pièces dans l’eau. Les Jeux d’enfants, datés de 1560, montrent au premier plan un pot de chambre de forme carrée, un peu plus loin sur la droite, une petite fille s’amuse avec un bâton à remuer les excréments. Cette dimension scatologique est représentée de manière naturelle comme faisant partie du quotidien.

Ces saynètes peuvent paraître d’un humour déplacé, légèrement cru et manquant de finesse. Mais les images cachent le sens et la symbolique des mots. En effet, cette thématique recèle une subtilité. Dans la culture flamande, l’expression : « Uit schijten » c’est-à-dire : « action de fienter » signifie également : « railler ». Nous abordons ici une dimension moralisatrice, le chieur est non seulement un moyen de se moquer de la nature humaine mais il permet aussi de replacer l’Homme à sa juste place : nous sommes tous égaux, de passage sur terre.

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