La Cuisine maigre
 
La Cuisine grasse
 
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D’après Pieter I Bruegel dit le Vieux (Breda ?, 1525/1530 – Bruxelles, 1569)
Gravé par Pieter van der Heyden (Anvers, vers 1530 – 1575)
1- La Cuisine maigre
2- La Cuisine grasse

1563, 1er état
Gravure au burin sur papier
22 x 29 cm

Inv. 2008.8.5 et 2008.8.6

Acquisition 2008
Avec le concours du Fonds Régional d’Acquisition des Musées

Les incontournables | Mesure et Démesure

La Cuisine grasse et La Cuisine maigre

La Cuisine maigre et la Cuisine grasse, gravées d’après les dessins de Pieter Bruegel, par Pieter van der Heyden et éditées par Jérôme Cock, forment un ensemble.

Tandis que dans La Cuisine maigre, les pauvres en haillon laissent apparaître leur repoussante maigreur à l’instar de cette mère à la poitrine tombante, dans La Cuisine grasse, les formes rondes, le sein gonflé de lait, les visages bouffis exaltent l’opulence à l’image de ce chien que le surpoids handicape. Les aliments sont répartis distinctement : les moules et les légumes incarnent le quotidien des affamés ; la viande, les pâtés et le pain symbolisent une cuisine riche.

Cette vision dichotomique est enrichie d’une dimension moralisatrice qui apparaît à l’arrière plan avec la question de l’hospitalité. Chez les riches, malgré la profusion des mets, on refuse de partager avec un homme qui de toute évidence souffre de la faim. Chez les pauvres, on est prêt à partager le peu dont on dispose. Mais le personnage rondelet, à l’arrière plan, préfère s’enfuir en courant. La richesse, au sens large, rend l'Homme aveugle aux choses essentielles  et le renferme sur lui-même. Au travers de ces deux estampes, Bruegel appelle à la maîtrise de soi et à la tempérance.

Ces deux gravures connurent un succès conséquent puisqu’elles furent de nombreuses fois reproduites et que l’on en connaît au moins deux pastiches avec une version inversée et une copie aux dimensions plus réduites.

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