Patrick Van Caeckenbergh (né à Alost en 1960)
Le Château de Cartes

2008
Matériaux mixtes (bois peint, métal, plastique, carton)
196 x 124 x 124

Inv. 2007.5.1

Acquisition 2007
Avec le concours du Fonds Régional d’Acquisition des Musées

Les chefs d'œuvre | Mesure et Démesure

Une pyramide si fragile…

Patrick van Caeckenbergh est fasciné par le processus de la digestion. Pour lui, l’organe principal n’est donc pas le cerveau mais l’estomac, celui qui transforme la nourriture pour produire de l’énergie, pour permettre à l’Homme de se mouvoir, de s’exprimer, de penser.  Dans ce château de cartes, l’estomac n’est pas figuré mais invisible ; un noyau virtuel et imperceptible qui maintient l’équilibre de cette pyramide. Car si vous jetez votre regard à travers les cartes ou le jeu de colonnades, la pyramide vous semblera creuse, vide. Et pourtant au sommet de l’œuvre, des bouches entrouvertes indiquent le départ de ce long processus de digestion qui entrainera une sélection. D’un côté, les éléments nourrissants alimenteront le corps, de l’autre, les mauvais deviendront des déchets, matérialisés ici par des boulettes attirant des insectes repoussants. Elles sont positionnées sur le plateau de la table qui est agrémenté d’un jeu, symbole du hasard et de l’infortune, soulignant ainsi les mystères inhérents au mécanisme de tri.

La présence du fou, personnage récurrent dans la peinture flamande, qui prend ici des allures de joker, attire l’attention sur la précarité de l’installation (constituée d’un empilement de cartes, de carton et de baguettes de bois fines) et au-delà sur les désordres menaçant l’équilibre alimentaire. Il suffit de manger plus que de raison ou de choisir des mauvais aliments pour que tout s’effondre. Une nourriture saine est donc un préalable indispensable pour asseoir les fondations de cette pyramide et par là même de l’existence de l’Homme.

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